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EscapadeS

Leçon de portugais : pedra = pierre

31 Août 2007, 09:54am

Publié par Docadn

Les visiteurs de Pico devront accepter une chose incontournable : C'est le Pico qui décide. Il peut se passer plusieurs jours avant qu'il ne daigne montrer sa tête. Comme par caprice, il s'enveloppe de nuages et boude. Je n'aurais guère attendu plus de 48h00 pour qu'il se montre totalement nu de la tête au pied (ben oui il n'en a qu'un mais taille 1 million !!).

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Nous empruntons la très belle et très droite route transversale pour gagner le point de départ de la randonnée ou des taxis vont et viennent pour déposer les candidats au toit des Açores et du Portugal. Un pick up des "bombeiros" recueillent l'émargement obligatoire de tous les marcheurs (mais pas au retour !!). Des travaux sont en cours. On y bati ce qui semble être une future "maison de la montagne de Pico".

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Voilà une randonnée que je qualifierai de difficile. Marcher sur un volcan est très different d'une montagne. Je déconseille fortement les chaussures ouvertes (dont j'ai vu plusieurs propriétaires rebrousser chemin rapidement).
S'il fait chaud (comme ce fut le cas) emporter 2 l d'eau minimum (et même moi qui suis plutôt du signe du chameau, je n'en avais plus une goutte au retour). Les locaux conseillent de prendre des gants pour la descente (la roche volcanique n'est pas des plus douces pour les mains) aussi pentue mais plus glissante que la montée. Un bon marcheur peut espérer faire l'ascension en 02h30,mais comptez plutôt 3h00. Le chemin est très mal balisé, aussi on doit repérer des piquets en béton ou en plastique (type de ce que qu'on trouve sur le bord des routes) pour progresser vers le sommet. La 1ere partie plein nord permet d'observer des dizaines de cratères. En fait l'île en compte pas loin de 300.

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La montée est lente et plutôt pénible. Mon amie abandonne au bout de 2h00. Je poursuis seul et arrive enfin à la base du "cratère". C'est saisissant et sublime (ah les limites de la photo pour le rendu de la réalité !!)


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Des marcheurs pique nique à la base du "cône". Pas mal de français assis sur ce qui semble LE "camp de base" du Pico (en fait tous les randonneurs candidats au coucher & lever du soleil sur le Pico campe entre ses murets). Le "cône" doit faire une quarantaine de mètres de haut. Je m'y engage précédé par un groupe.

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Plus de balisage et un chemin quasi inexistant. Puis j'entends le groupe me devançant s'exclamer "PEDRA, PEDRA".
Peut être un rite montagnard dont je n'avais pas eu vent, quand je vois débouler une roche de la taille d'une boule de bowling face  à moi. J'esquive tardivement le projectile mais ce dernier vient embrasser fraternellement ma jambe gauche.


Plus de peur que de mal. Le groupe responsable de cette "tentative d'assassinat", vient prendre rapidement de mes nouvelles. Je les rassure en anglais puis en français. Il s'agit d'une groupe d'açoriens de Sao Miguel. Je me cale sur leur rythme et poursuis l'ascension. Et je découvre un aspect totalement technologique de la randonnée. L'un d'entre eux dirige le groupe au mètre près avec son GPS... Je pose la question sur les coordonnées données. Il m'indique qu'un ami guide et grand spécialiste du Pico a rentré toutes les coordonnées du chemin le plus pratique jusqu'au sommet.Il est vrai que sur cette partie là cela s'avère utile. Puis il justifie l'utilisation de ce dernier en cas d'ascension dans le brouillard... Nous arrivons enfin au sommet.
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A part l'altitude tout semble exact. Des centaines de mouches nous accueillent et trouvent assez rapidement ma jambe délectable. Un sympathique randonneur tchèque me dépanne totalement en pansements et autres désinfectants. Puis je me régale enfin de la vue incroyable (sauf sur l'Est ou les nuages squattent). Faial, Sao Jorge et Graciosa (et Terceira un chouia)unique...


Nous ne manquons pas d'aller observer et renifler les fumerolles sur le coté de la borne qui nous rappellent que le Pico est en sommeil. D'ailleurs l'hiver le Pico fume et notre groupe d'açoriens et très coutumiers du ski sur ses pentes...

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il est temps de redescendre (une véritable torture pour moi et combien difficile ici) et de regagner notre point de départ en près de 2h00.
Mes cuisses mettrons 2 jours à se remettre de cette descente d'enfer parsemée de vues magnifiques sur Faial.

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A SUIVRE...


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