Déjeuner à L'Azimut
Après avoir perdu 11 563 € en 8 minutes au casino voisin, je retrouve mon lieu d'apprentissage, côté salle.
J'y avais dîné le 27 octobre 2005 (un vrai "réflexe de pauvre" que de garder toutes les factures de restos, puis de les coller sur un cahier d'écolier).
A cette époque, le resto était encore étoilé, "l'ère Le Calvez" juste terminée.
C'est en février 2005 que Véronique et Rudy Deniaud ont repris L'Azimut.
Ex-Lenôtre et Fauchon à Paris, Rudy Deniaud fut aussi un "abonné des Manoirs" avec celui de La Régate à Nantes, puis celui du Ménec à Bannalec.
Je me souvenais juste de la seconde salle, "aux allures de pizzeria des années 80" (toujours d'actualité, hélas, à ce jour) et d'un repas de bonne facture (à 171 € à deux, l'expression est pour le coup adéquate).
La première salle est plus contemporaine, lumineuse. C'est dans cette dernière que je vais déjeuner.
En accompagnement d'un Chablis 09 J.Drouhin et d'un Patrimonio 09 du domaine de Santamaria.
Panacotta au foie gras, grué au cacao - Tourteau en cage d'agrumes
Étonnantes mises en bouche. La panacotta est sucrée, originale, à la texture ferme et fondante à la fois.Le grué donne un ton "café" aux bouchées.
Le tourteau aux agrumes est très rafraîchissant, équilibré, aux antipodes de son voisin d'ardoise.
Rôti de lotte contisée à la pancetta dans une panure d'herbe, pomme de terre fumée, marmelade de tomate à l'origan
Un gros plan maladroit, pour occulter le cliché général dévoilant une des quenelles de pomme de terre, déjà entamée par mes soins.
Poisson juste cuit, pomme de terre très bien parfumée, surprenante marmelade sucrée. Le salé-sucré me gène encore, parfois. Là non, c'est cohérent. Un plat juste, pas renversant, mais bien fait.
Tartelette à la pistache - Glace chocolat-Cardamome - Mousse au chocolat blanc
En guise de pré-desserts. Glace assez remarquable, tartelette honnête, plus de réserve sur la mousse chocolatée.
Mousse de mangue, sorbet litchi, concassée de noisettes, émulsion de cidre, cerise poêlée au balsamique, tranche de figue séchée.
Le dessert le plus "space" de l'année. Et pourtant, là encore, une cohérence que "l'intitulé ésotérique" ne laisse pas transpirer.
L'allergique au litchi que je suis, trouve le sorbet bon, la mousse est pile dans l'expression, le tout sied au palais. Un bon dessert.
Une petite "initiation à la sommellerie" (en l'absence du sommelier, en congés) un peu maladroite m'a été proposée pendant le repas.
C'était ludique. J'ai mis en "Rhône nord 05" (roussanne-marsanne et un poil de viognier), un honnête Crozes-Hermitage du Domaine de Roure 06.
Puis j'ai placé en "Bordeaux 05, cabernet sauvignon & merlot", un austère Pessac-Léognan 06 du Château Couhins-Lurton.
Le chef vient en salle s'enquérir de mon stage et du déjeuner. S'ensuit une longue discussion sur les vins et les quelques 450 références proposées (dont une partie récupérée lors de la reprise, une autre "en construction" depuis 6 ans).
Il a à coeur de mettre sur la table des vignerons méritants et talentueux.
Il peste quand il découvre certains d'entre-eux chez Métro ou ayant intégré "Bouquet de Loire"... Il dit "investir" en envoyant régulièrement son sommelier "sur le terrain", à la quête de nouveaux talents.
Une adresse sympathique, un chef passionné par les beaux produits de la mer. Des verres aux vins aux tarifs un poil excessifs selon La Miss (j'étais invité). Une cuisine tous azimuts, qui frôle parfois le mac perdu...
L'Azimut
1 rue du Men Du
56470 La-Trinité-sur-Mer
tél : 02 97 55 71 88