Le tour du XIV ème : 3 ème étape, Au Vin des Rues
Je n'ai eu droit qu'à 3 jours de répit avant d'attaquer cette avant-dernière étape du tour. Le foie crie déjà pitié, l'estomac a retrouvé ses mauvais réflexes des vacances. Une abnégation solide comme un pilier du pont de l'Alma, juste pour toi lecteur adoré, peut-être même affamé...
Nous sommes dans la rue Boulard. Les alcoolos de service penseront immédiatement "bulles", quand les historiens y verront le tapissier de Napoléon 1er. Une dernière catégorie, locale, pensera sûrement à Hugo Desnoyer et sa "chapelle de la barbaque" (c'est vrai, pourquoi dit-on toujours "temple de", pourquoi pas synagogue ou mosquée sans que ce soit obligatoirement casher ou halal !!).
Au Vin des Rues, enseigne piochée entre Le Fooding et Mmmm, très pratique pour la "petite nature en mode feignasse" que j'étais, ce soir-là.
Un "turn over des proprios" depuis la création, dont le succès ne semble pas se démentir au fil des successions. Je me pointe comme une fleur à 20h00, tente un timoré et chevrotant :
"bonjour, vous auriez encore un couvert de libre pour ce soir ?" (formule très peu efficace au Bis ou au Severo, 2 soirs de suite...).
"Il me reste une place en terrasse...".
Nous sommes le 16 mai (les non-alzheimeriens s'en souviennent comme d'une soirée plutôt douce, les autres pas).
"La terrasse" se résume à la profondeur d'une table de bistrot n'excédant pas 60 cm de profondeur posée sur le trottoir.
Je m'installe entre un "gourmet solitaire" et un duo hyper-bavard résumant, dans le désordre, les cancers et les carrières professionnelles des 3 générations familiales actuelles !!
Pas de menu mais une ardoise aux "tarifs bistrots ambitieux".
Entrecôte de Salers à la fourme d'Ambert, frites maison (23 €)
La petite littérature précise que les proprios ont gardé le "fournisseur historique de Salers de la maison".
Un morceau annoncé à 350 g environ, à point, comme demandé, tendre, goûtu, bon, sans problème.
Bonne fourme d'Ambert raccord avec la viande, "frites maison" mollassonnes et tiédasses. Dommage pour ces dernières.
Le tout arrosé par un verre de Bourgueil "Avis de vin fort 09" de C&P Breton, très moyen.
Encore un peu de place pour un dessert, je me laisse tenter par le dessert du jour :
Tarte aux fraises maison
Là, je doute un poil sur l'origine "maison" de la crème pâtissière. Cette dernière est "lourdingue, pâteuse comme une crème industrielle dont on aurait mal dosé le volume de lait".
A moins que ce ne soit la "signature maison" de ladite crème.
La pâte est trempée, fade. Ensemble très bof pour 7 €.
Service discret (l'avantage d'une terrasse quand on veut la paix, l'inconvénient quand on veut du pain, les condiments, un autre verre...), relativement alerte et sérieux.
La carte des vins propose des jolies pépites comme Le St-Jo et le Glou de Jean Delobre (Ferme des 7 Lunes), Clos Roche Blanche (Touraine), Foillard, Courtois, Xavier Benier, plus pas mal d'autres références "moins courageuses".
En résumé, 34 € pour un plat pas mal, un verre très moyen et un dessert nul. Y'a pire, mais y'a bien mieux aussi...
Au Vin des Rues
21 Rue Boulard
75014 Paris
M° : Mouton Duvernet ou Denfert-Rochereau