Le Cornichon
J'ai recommencé mes "migrations saisonnières" (très irrégulières) entre mon fief breton et Lutèce.
Paris est laboratoire oeno-gastronomique géant où se côtoient le meilleur, le pathétique, l'unique, avec un turn-over à faire pâlir le MEDEF !!
Un renouvellement qui offre le suprême avantage de nouveautés incessantes. Hélas, ces dernières semblent rarement excitantes. Les réussites passent par le bouche à oreille du "microcosme branché (souvent gourmand) du pavé parisien".
Le Dandy-Masqué est souvent à l'avant-poste de "Ze table to eat" (ce qui sous- entend un réseau efficace). Les nombreux suiveurs et suiveuses s'y retrouvent (souvent frustrés) 24h00 après la diffusion du "billet-scoop".
On ne parle même pas du "spécialiste des travaux" qui crie au génie culinaire juste en matant la sous-couche sur les mûrs...
Ou encore du "centralisateur de dépêches AFP" qui pond (ou recycle) 5 articles par jour en reniflant les assiettes au téléphone, ou dans le meilleur des cas par le passe...
Ne faisant partie d'aucune de ces catégories, n'ayant aucun réseau, je me contente des conseils de gourmands-amateurs, de sites brouillons où l'on doit trier le bon grain de l'ivraie, mais aussi d'une presse pas aussi déconnectée qu'on veut bien nous donner à croire.
Pour notre adresse du jour, c'est à partir de février dernier que l'on a vu fleurir des articles. Un "gentil buzz" sur cet ex-bistrot prénommé "Chez Jules", se transformer en... bistrot rebaptisé "Le Cornichon".
Franck Bellanger a "débauché" Mathieu Nadja de "L'Ami Jean" (Stéphane Jego), pour animer cette nouvelle table à la situation géographique "excentrée".
Déco récente, avec l'inévitable "inspiration-émission-de-déco-je-mets-du-taupe partout-sur-les-mûrs", sobre, élégantes petites tables en bois d'arbre.
Accueil souriant, "même quand on ne réserve pas".
Nous sommes lundi soir (le 12 septembre dernier), il y a encore un peu de place.
Une séquence entrée-plat-dessert à 34 € (32 au déjeuner), en phase avec mon budget, c'est parti !!
Pressé de joues de boeuf mijotées, poireaux, carottes et girolles au vinaigre
Une entrée "bien vinaigrée", champignons expressifs, joue joliment pressée. On entre, sans déhanchements inutiles, dans l'esprit "bistrot" attendu.
Sauté de veau fondant aux olives, jus de cuisson et purée à l'huile d'olive
On poursuit notre chemin avec ce veau moelleux, un tout petit peu sec, des légumes fondants, un jus juste, une purée académique.
Les portions sont en-dessous de l'attendu, mais on ne demande pas du rab non plus...
Le dessert : Le pot de crème et lait vanillé, cake moelleux au citron n'était pas inoubliable (par contre, la photo n'est pas montrable !!).
La carte des vins est assez remarquable. Je n'ai hélas pas pu la parcourir en entier, mais les origines ligériennes du patron sont évidentes. On y croise (de mémoire) Vincent Carême, ou encore les rhodaniens Graillot & Chèze pour ne nommer que ces derniers...
Cabernet Franc 09 - Le Rocher des Violettes - Xavier Weisskopf(25 €)
Une cuvée dont je n'avais pas encore honoré mon palais. La fraîcheur et l'acidité sur ce millésime sont toujours épatantes. Mon "cépage détesté favori" est tout à fait digeste, mûr et taillé pour la table dans le cas présent.***
Le pain servi (en petite quantité, obligeant les serveurs à pas moins de 5 ravitaillements) est excellent.
Service oscillant entre les "réflexes et service de gastro" et l'irrépressible envie de "vous mettre à l'aise, sans vous taper sur l'épaule et proposer un 421 sur le comptoir".
En conclusion, une bonne cuisine qui ne se prend pas la tête, au juste rapport qualité-prix.
Quelques mots, échangés en fin de repas avec le capitaine du cucurbitaceae, révèlent que la crise (comprendre "l'absence de la clientèle d'affaires") pèse "cruellement" depuis le démarrage.
PS : La table 12 les soirs de grandes chaleurs, vous offre la "juste ventilation" vous évitant ainsi d'avoir l'air de sortir d'un Gymnase Club sans douche...
En attendant, voilà un dîner que je place dans les réussites de mon large palmarès des approximations, dont je me suis fait "le spécialiste" dans la capitale.
D'autres points de vue visibles ici, là, là encore.
Le Cornichon
34, rue de Gassendi
75014 Paris
tél : 01 43 20 40 19