Partager l'article ! "Autour d'un Cep"... Gourmand à Angers: "Restaurant à vin, cuisine du marché", en sous-titre de cette table angevine. C'est en marge ...
"Restaurant à vin, cuisine du marché", en sous-titre de cette table angevine.
C'est en marge du salon Renaissance, que nous partons à la découverte de l'établissement.
Déjà la troisième saison pour cette association née d'une amitié de lycée.
Antoine Landron est "le fils à Jo" du même nom. Une trajectoire qui semble évidente... Et pourtant.
Jérémie Baron lui, a promené sa mallette dans 4 des 6 coins de l'hexagone, notamment en Bretagne chez les Hennaf à la Roseraie de Bel-Air (Pluguffan, près de Quimper).
Ce dernier a des bouffées d'indépendance. Il veut sa cuisine, ses chaises, son ardoise et son expert-comptable.
La légende raconte qu'il a visité l'emplacement, il a flashé, il a composé le 06 de son pote, lui à dit : "Yo man, j'ai le plan d'enfer pour notre burlingue, lâche ton sécateur et ton réfracto, ramène ton calbut et les pifs de l'ancêtre, on démarre...".
En Octobre 2008 "Autour d'unCep" a ouvert ses portes.
Mon collègue de goulot avait réservé la table (haute et pas très équilibrée) une petite quinzaine avant notre venue, à la perspective de la cohue prévisible, à Angers ce week-end.
Et il a eu doublement raison le bougre, les perdants se comptant au godet de tractopelle...
Une déco "bistrot sur base tuffeau" agréable, un peu dépouillée, juste maquillée par les ardoises omniprésentes.
Formule unique du soir à 28 € pour entrée-plat-fromages ou dessert.
Serveur un peu gauche, dans l'animation de l'ardoise, mais volontaire.
Un pigeonneau très tentant, un supplément de 10 € dissuasif.
Seul notre dessert sera commun. En avant...
Saumon mariné maison - huître chaude - petit salé chou rouge
Sympathiques mises en bouche soignées et goûteuses. Mon alter-gastro, peu fan d'huître, trouve cette dernière "consensuelle voire bonne".
Son côté neutre (un peu comme un sabayon), plaira certainement aux allergiques de la première heure.
Personnellement, je trouve dommage que le côté iodé soit totalement "blanchi" par la préparation à la feuille d'épinard.
C'est souvent le sort de la cuisson de l'huître, ça nous change aussi un peu...
Le saumon est juste, la bouchée du petit salé très bien épicée, limite orientale. Elle me renvoie au travail de Laurent Saudeau et sa raviole de boeuf à la coriandre...
Burger de chevreuil
Entrée aux dimensions d'un menu dégustation. C'est celle de mon collègue. Il détaille, après les 3 bouchées, une viande savoureuse, fondante, bien cuite, bien épicée mais petite.
Anguille de Loire
Là aussi, la taille est dans l'esprit dégustation. Belle cuisson des tronçons, toujours trop peu nombreux quand ils sont délicieux.
C'est juste un quart de poil trop assaisonné pour moi.
Mention pour le "beurre d'herbes fraîches" (oseille ou autre chose, allez savoir) qui flirte avec la richesse et l'équilibre de celui de Patrick Jeffroy.
Lotte poêlée, Boulghour et endives caramélisées
Toujours le choix de mon collègue de goulot. Taille du plat un peu plus conséquente, mais toujours optimisée.
La lotte est tout juste cuite. Je confirme la chose en prélevant un morceau juste saisi. Le boulghour s'intègre bien au plat. Il me ramène à une semoule "bio", unique, très rarement récoltée au Maroc.
Tête et joue de veau, légumes fondants
Encore dans l'esprit "portion à déguster", un plat qui transpire le mijotage et la précision.
Pas de décalage de cuisson entre les légumes et les viandes.
La (petite) tête n'est quasiment pas gélatineuse, très bien cuite. La joue est une petite tuerie fondante, juste confite, comme les légumes.
Feuillantine noisette-chocolat
Pour clôturer le repas, net, efficace, craquant, un poil sucré pour ma pomme, enfin à la juste taille pour finir...
Coté liquide, on pouvait s'attendre à un bottin en phase avec le nom de l'établissement.
N'ayant pas entièrement parcouru la liste (que je me suis empressé de transmettre à mon co-mangeur,), je laisse la place au spécialiste du domaine, dont voici un extrait de la synthèse, rédigée dans la voiture à la sortie de l'établissement :
En Alsace, je me souviens m'être fait la réflexion qu'il n'y avait que du "grand" : presque sûr pour Deiss, un peu moins pour Zind.
En Bourgogne, honte à moi, pas beaucoup d'autres souvenirs, si ce n'est un Raveneau je crois.
Il me semble aussi qu'il y avait des domaines présents à Renaissance, genre Giboulot. Pas ma bite aux rougets de
roche !
En Rhône, je chie à nouveau la honte...sauf pour UN domaine : Mas Théo * ! Souviens-toi de ma réflexion : "putain,
regarde un peu ça : "que des grands noms en Rhône, et Mas Théo" ...
Sinon, en vrac, je me rappelle de Barral, Olivier Pithon, Pithon-Paillé, Richard Leroy, Tour Grise (Saumur),
Thierry Michon, Eric Nicolas et la Coulée (pas sûr pour ces 2 derniers).
Au niveau des coeffs, on se situait en moyenne autour de 3 (disons de 2,5 à 3,2). Notre Clef de Sol à 30 €, alors que ça coûte 12 €
au domaine, c'est du 2,5, Chalasses (Ganevat) à 54 €, on est à 3,2.
Un autre prix me revient, celui du Chambertin 01 de Trapet : 130 €, le prix auquel était vendu le 2008 au domaine (noté 19/20 dans le Guide vert, oui Monsieur !).
* Domaine (d'un appellation trop souvent dénigrée) que l'on retrouve sur certaines
tables étoilées ou à la carte des restos curieux et de bon goût...
Auxquels il faut, bien évidemment, rajouter les vins du padre Jo Landron...
Domaine de la Grange Tiphaine - Clef de Sol 2008 - Montlouis
Un beau chenin, vif et gras, tendu comme un arc, à la puissance et à l'acidité élevées. A l'esprit encore plus "naturel" que mes autres rencontres avec cette cuvée. Pas mal d'évolution depuis ma première rencontre, avec ce domaine et cette cuvée, sur le millésime 02...
Un point réellement gênant fut l'attente entre l'entrée et le plat.
Pas loin de 45 minutes ! Soit, il y avait du monde, et puis !! Dommage que la fluidité du service (et donc du rythme en cuisine) n'ait pas mieux servi le réel et bon travail du piano (toutes les assiettes étaient chaudes, donc servies en temps et en heure).
En résumé, une jolie cuisine de bistrot, soignée, sincère et pas maniérée. Les portions sont effectivement un poil chiches pour ce type de table.
La tendance à une "bistronomie un peu précieuse" serait le piège a éviter...
En attendant, le gros rouge vient de laisser fuir ses premières récompenses pour l'année 2011, pas plus tard qu'hier... Et le Cep se retrouve garni d'un bib mérité (en plus d'une toque déjà acquise sur le G&M)...
"Avec tout ça, Cep à demain qu'il y aura un siège de libre, n'est ce pas Aurélia" ?!
Autour d'un Cep
9 rue Baudrière
49100 Angers
02 41 42 61 00
fermé le samedi midi, dimanche et lundi.
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