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EscapadeS

Jean-Luc Tartarin

5 Juin 2012, 16:10pm

Publié par Docadn

 

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Étonnante destination que Le Havre, diront certains d'entre vous, pour passer un week-end d'anniversaire ?! Et pourtant... Cette ville (pas si désagréable) reconstruite de toutes pièces (comme St-Nazaire, Lorient, Brest, etc) après la guerre, a réussi l'exploit de classer le quartier de sa renaissance au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le dernier chantier du célèbre architecte Auguste Perret abrite depuis 4 ans l'un des grands chefs les plus discrets de l'hexagone. 

 

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Jean-Luc Tartarin a un cv long comme une file d'attente devant L'Entrecôte. Ce natif de Caen, formé chez Plaisance, Boyer, Gill, récolte sa première étoile, dans son premier resto à Caudebec-en-Caux à tout juste 24 ans !!

Après un passage chez les Partouche dans les années 2000 (et une étoile again !!), Jean-Luc Tartarin renoue avec l'indépendance en 2008. Le Gros Rouge ne l'oublie pas,  lui redonnant "son" étoile en 2009. La "cour des grands" s'ouvre en 2012, avec une seconde étoile. Nous sommes le 26 mai, c'est mon anniversaire !! 

 

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Accueil chic et souriant de la part d'Annabelle Tartarin (splendide dame au charme troublant, lookée années 50, voix rauque renversante). La salle est petite, les tables serrées, la déco actuelle, tendance "taupe et persiennes". A peine les cartes en mains, des "grignotages" nous sont déjà servis. Un sablé au parmesan relativement banal, une bille au Beaufort plaisante, d'excellents churros, un palet glacé "laitue-moutarde" au sucre pétillant régressif,  rigolo, au- delà des goûts justes du duo "laitue-moutarde".

 

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Je me vois confier la carte "invité" (celle où ne figure aucun prix). Aussi, je parcours les 3 menus à l'aveugle, sans influence aucune des tarifs pratiqués. L'un d'entre-eux me paraît très alléchant, cohérent avec mon appétit. Une séquence entrée, poisson, viande, dessert avec un éventuel fromage. J'ai, sans le savoir, choisi le premier menu (le menu dégustation me paraissait "too much" en nombre de plats). Nous voilà donc partis pour "Saveur de mai".

 

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Une batterie de mises en bouche débarque avec par ordre d'apparition, un saumon à l'aneth très "fumé-salé", de bons petits légumes au soja (un vrai boulot de "pervers" quand on voit les dimensions des morceaux de la brunoise), une formidable mousse de tomate verte aux accents évidents de basilic. Hors champ, nous avions aussi une épaisse crème brûlée au foie gras et émulsion à la choucroute. Le concert s'acheva avec du chou vert & petits morceaux de Salers aériens.

 

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Raviole d'herbes sauvages, sardine fraîche, bouillon thaï

 

Une assiette esthétique, aux couleurs appétissantes. Un bouillon délicatement mentholé, une raviole saisie au micromètre, une citronnelle juste, une fine et parfaite sardine qui me renvoie à l'immense ABC d'Abadie. Un ensemble somptueux, aérien, équilibré, goûteux qui ouvre parfaitement l'appétit. A noter que l'on retrouve nos petits légumes d'horloger...

 

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Cabillaud de ligne étuvé longuement (cuit à basse température à 38°c), poireaux bouchots et curry 

 

Magnifique teinte, très légèrement rosée, du pavé. Le nacré est saillant, la cuisson est époustouflante à mon goût (je pense que beaucoup la trouveraient "limite"). Un pavé parfait, ferme à coeur, à l'effeuillage jouissif. Des légumes (trop rares) à l'unisson. Des moules top, un jus un poil salé. Malgré cela, une très grande réalisation maritime !!

 

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Morceau dans un gigot de pré-salé, huile de tapenade et de citron vert, polenta et légumes verts

 

Toujours cette mise en scène épurée d'un plat déjà salivant. Une tapenade très olfactive, acidulée. Un morceau juste rosé, maîtrisé. La tendreté, le goût, la cuisson d'anthologie d'un morceau de choix !! Des petits pois extras (coupés en deux, le "pervers" a encore frappé !!), un petit jus corsé au diapason, une polenta de compétition. Un plat magistral !!

 

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Plateau de fromages (9 €)

 

Je me laisse convaincre par le plateau de fromages. Là encore, une sélection et un affinage diaboliques. Mentions spéciales pour le Stilton, le Comté 36 mois et la vieille Mimolette.

 

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Tube croustillant au sucre, crème de citron épicée, fraises et sorbet

 

Délicieux croustillant, subtile et aérienne mousse au citron. Duo sorbet et fraises sans faute. Un dessert juste trop petit pour le coup...

 

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Une succession de pains (épeautre, pommes de terre, cacao...) aux caractères disparates. Mention "petite tuerie" pour le pain à la pomme de terre...

 

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Mignardises

 

Je commande un café pour faire glisser les dernières sucreries "avant de prendre la route" (notre hôtel se situe à 5 petites minutes à pied du restaurant). Un petit flan "oeufs-vanille" (très marqué) old school, un streusel très bon, une confiture de poire justement acidulée pour accompagner le divin, le génial, la quintessence, le nirvana du quatre-quart !! 

 

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Cuvée Laïs 10 - Olivier Pithon - Vin de pays des Côtes Catalanes

 

Une forte réduction à l'ouverture. Une matière dense, tendue, jongleuse, qui s'est pliée sans efforts aux différentes textures croisées, avec un pic d'expression sur les fromages notamment.

 

Un service au rythme assez soutenu (parfait pour moi, un peu rapide pour La Miss). Un service "grande maison" avec le guindé de rigueur, un peu coincé côté masculin, plus à l'aise côté féminin (Annabelle Tartarin en tête).

 

Une impression générale extrêmement réjouissante, pour tous les sens, à travers cette très belle expérience. La clarté des plats, la distinction nette des goûts, la précision des cuissons, la technique de haute volée, auréolée d'un immense respect pour les produits d'exception mise en oeuvre. On a parfois accusé Jean-Luc Tartarin de s'être un peu perdu dans sa cuisine (errements qualifiés, de manière vacharde, comme des "tartarinades"). La cuisine proposée ce soir-là était, dans toutes les assiettes, épurée et profonde.

 

Le "choc" est arrivé quand j'ai pris connaissance (le lendemain) du tarif du menu : 47 € (sans les fromages) !! Soit le prix "moyen" d'une formule entrée-plat au déjeuner dans beaucoup d'autres bimacaronnés !!

 

Jean-Luc Tartarin a eu la grande sagesse (en plus d'être toujours présent en cuisine) de maintenir ses prix, malgré l'arrivée de la seconde étoile. Je veux bien croire ceux qui disent que sa formule déjeuner est imbattable en terme de rapport qualité-prix (30 €). Ce soir-là, la majorité des convives avait opté pour le menu dégustation (93 €) comprenant la célèbre "langoustine léchée par la braise de romarin"...

 

Il va de soi que je conseille, sans réserve,  cette "petite table (35 couverts, un seul service) au très grand savoir-faire"Jean-Luc Tartarin et son équipe vous offrent, pour un tarif de base très raisonnable, l'occasion d'effleurer une belle et grande cuisine dans un cadre à peine intimidant. Carte des vins pléthorique, très pertinente, aux coefficients discutables (comme hélas souvent).

 

Jean-Luc Tartarin

73 avenue Foch

76600 Le Havre

tél : 02 35 45 46 20

www.jeanluc-tartarin.com

info@jeanluc-tartarin.com

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Vendredis du Vin #46 : Le Best Ouf !!

29 Mai 2012, 20:25pm

Publié par Docadn

"Vendredistes vendredistes, alcooliques alcooliques, belges belges, public chéri mon amour" aurait pu dire le Grand Pierrot. Il l'aurait sûrement mieux formulé que mézigue, même en phase terminale, si un signe du zodiaque de fin juin lui avait laissé l'opportunité de profiter pleinement de sa cave, que l'on disait bordelaise, alors qu'il était limousin, de Châlus même, si on veut faire son Pierre Bonte...

 

Je n'avais pas mesuré la tâche "démesurée" que pouvait représenter la présidence, tout éphémère soit-elle, de cette institution mensuelle, poil à la boite de Bonduelle.

Un "Vendredi du Vin #46" qui aurait pu être rebaptisé "Week-End du Vin#46", ou encore "Aqueduc du Vin de Pentecôte#46", vu le rythme auquel les CR sont arrivés...

A l'heure où je gribouille ces lignes, pas moins de 33 contributeurs directs (35 avec Jeff de la Brusselairs Team et Madame Sériot) se sont prêtés à la thématique agitée de la syrah... Agitée, car le cépage dit "putassier" provoque souvent des réactions soit épidermiques, soit passionnées...

 

Ce Vendredi du Vin "spécial syrah" a débuté tôt en ce 25 mai dernier. L'infatigable Olif a dégainé en premier, avec pas moins de 5 syrahs !! C'est qu'il a soif notre dévoreur de cols !! Une échappée dans laquelle il a égréné avalé des syrahs globe-trotteuses (et pentues) suisses, roussillonnaises, rhodaniennes ou encore sud-africaines...


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(source Olif)

 

Gildas (diplômé d'un brevet des Alpes-Mancelles au cyclo-club mayennais, accessoirement grand vizir du Club de Maigremont) n'a pas tardé à menacer le "syrahial quilleur de l'est", en tentant à son tour une échappée avec un Crozes-Hermitage d'une micro-parcelle, qu'il aime "tout court"...

 

Gildas

 

(source Gildas)

 

Puis ce fut le peloton des syrahs. Un trio du Roussillon composé de Laurence la vigneronne, avec un "Rendez-vous" bien de chez elle,

 

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(sources diverses ?!)

 

Hans Dusselier (Wijnfolie) nous renvoya à la saison des vendanges avec cette cuvée Octobre. Frédérique Barriol-Montès quant à elle, nous proposa la dispendieuse et royale cuvée "Pla del Rei" du Domaine St-Luc...

 

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(sources Maxime Carion et Fanny Ozeanneau)

 

Maxime Carion et Fanny Ozanneau voulant "rééquilibrer les choses", nous contèrent respectivement "Nomade 09", un St-Joseph de Christophe Curtat et  "Syrah" de Christophe Savary.

 

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(source Antoine Gruner)

 

N'oubliant pas pour autant l'ascension en cours, Antoine Gruner est sorti par la gauche au fond du bistrot, pour nous dévoiler la seconde Sierra du Sud du jour. Il se laisse piéger, puis cajôler sans Cajoline par cette syrah sudiste...

 

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(source Yann Dereu)

 

Yann Dereu se fait baptiser au sein de "la secte des adorateurs de la syrah" avec cette première participation aux VdV. Son blog, au sobriquet aussi imprononçable qu'un volcan islandais, nous conte 5 syrahs adossées à des films qui, en dehors de celui de Gaspard Noé, ne sont guère éligibles aux côtés d'une "Palme hannekiene". Pour autant, c'est bien de syrah du Rhône dont il est question... De plus, Yann préfère boire les St-Joseph en magnum (il a bien raison).

 

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(source Lérina)

 

Eric Leblanc nous confie une syrah îlienne et méditerranéenne (version 07). Une "révélation quasi mystique" dans ce vin de clergé pour le petit blanc sans col.

 

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(sources Vindicateur - Idées liquides et solides)

 

 Antonin du Vindicateur et Vincent Pousson font leur outing de clients honteux. Oui, ils poussent parfois la porte cochère le soir tombé. Ils se faufilent rapidement dans la coursive, glissent les biffetons dans le soutif, puis s'adonnent en haletant, le rouge au front et le pantalon sur les mollets à cette "salope de syrah". Ils l'avouent, ils ne l'aiment pas !! Du moins, ils ne peuvent pas avouer l'aimer... tout au plus clamer l'envie de l'embrasser... L'amour commence toujours par un baiser...

 

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(source Binbin Foudevin)

 

Benjamin Poussardin, alias Binbin Foudevin, fait dans la dégustation virtuelle. Il nous décrit la "syrah serine des Corbines", que demain il fera et goûtera. Ce sera en 2015. Une syrah forcément atypique puisqu'elle sera ligérienne !!!

 

Olivier Mercier nous a promis de "descendre" une syrah 09 nommée "Jours de Vigne" en Vin de Pays des Côtes de Lastours, à ce jour pas de nouvelle, donc bonne nouvelle...

 

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(source A. Daphy)

 

Cliché rieur du "roi de la Syrah australienne", Chester Osborne, d'Arenberg, McLaren Vale...

 

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(source Clos du Pigeonnier)


Un peu de théorie conjugée. Tout d'abord avec le "Dr Nicolas Gonin" au chevet des "sans-grades", qui s'inquiète à juste titre, de la survie des cépages autochtones face à la "syrah déferlante"... "Difficile de croire que tous les autres sont mauvais !!". Pour faire bonne mesure, il nous conseille le "St-Jo de Roseau" à suivre de très très près...


 

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(source La Pipette aux 4 vins)


 

 Le Professeur Pipetteman rappelle aussi les racines ardéchoises de notre star mensuelle, avec un quatuor ardécho-drômo-vaucluso-suisse !! Le Professeur n'en reste pas moins homme : il mange des pignons !! Ils seraient pour les tellines ce que la serine serait pour la syrah ?!


 

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(source Côtes de la Molière)

 

Isabelle des Côtes de la Molière est le lapin "d'Alice aux pays des merveilles"... Elle se croit toujours à la bourre. Alors elle court, elle court, puis arrive à l'heure !! L'heure de nous dire qu'elle aime la syrah au naturel, surtout celle des Clusel-Roch... Eh oui, encore une rhodanienne...


 

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(source GD Wine)

 

 GD Wine (alias Guillaume Deschamps) nous propose un peu de Languedoc, avec une syrah " Zappa en tongues" des Côtes de Thongue, qui "passe sous la toise" avec ses 55% de syrah !!

 

 

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(source Stellat de la rhune)

 

Bien plus à l'ouest, Stella de la Rhune avoue aussi son dégoût prononcé pour la réglisse, mais veut nous attirer aux environs du 30ème parallèle, pour la syrah d'Afrique du Sud...


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(source du Morgon dans les veines)

 

Guillaume Nicolas-Brion, lâche parfois son shoot quotidien de morgon dans les veines, pour certifier que Dard & Ribo+ Hervé Souhaut = Les Champs Libres. Une si rare syrah de St-Peray & de Cornas aux glouglous ravageurs...


 

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(source Berthomeau)


Le père Fouras de la glousphère est revenu par 3 fois hanter les couloirs des VdV#46. Quand les plus mesquins y verront une maladie très moche qui touche parfois le poisson rouge (et rien n'est prouvé pour ce dernier), les plus fins y verront juste un insatisfait qui a le courage de remettre son ouvrage sur le métier, avec tous ses doutes et ses principes.  Une première salve qui nous laisse perplexe, c-Sy-RA-re...Puis une deuxième tournée la faridondaine aux accents californiens. Enfin, une dernière tournée d'adieu à la syrah avec l'équation du siècle : 6 rats = 7 souris ??

 

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(source Daniel Folz)

 

Enigme soulevée depuis plusieurs semaines par le toqué de l'horloge, j'ai nommé Daniel Folz. Equation version Causse Marines (élue "meilleure arme contre les blaireaux"), syrah gaillacoise sans mort aux rats !!

 

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Obiwine Jj nous rappelle la schizophrénique histoire de la syrah, qui "complétait" les grands Bordeaux tout en magnifiant les terroirs de Cornas... Le cousin éloigné de l'inspecteur au pardessus le confirme...


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(source Laurent Baraou)

 

Laurent Baraou en a bu à Bû (ou ailleurs). Il inaugure presque son nouveau site avec un revival d'une syrah de l'Abbet, valaisanne de son état, forcément top glouglou au pays d'Estèbe...

 

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(source Michel Smith)

 

Michel Smith est arrivé avec des airs de cow-boy. Lui non plus n'aime pas la syrah !! Mais celle-ci, il ne peut y résister. Mieux qu'une bouteille pour le prouver, Michel nous gratifie de sa génitrice. Voici la maman de la Syrah Léone...

 

 

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(source Rémy Bousquet)

 

Une syrah qui a inspiré notre illustrateur favori. Ce dernier ne regarde même plus l'heure. Il dessine aux limites de court-circuitage de ses synapses. Merci Rémy pour ton énergie et ta faconde imagination !!

 

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(source Monomaniaque)

 

Comme dans presque tous les westerns, la cavalerie arrive toujours vers la fin. La DWT (Dream Wine Team) des brusselairs de Patrick Böttcher s'est fendue de 16 syrahs voyageuses. Rhône nord, Rhône sud, Languedoc, Roussillon, Australie... Et une troisième Sierra du Sud !! Impérial cercle belge qui rappelle aux sceptiques que "la syrah, ça se sert frais !!".


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(source Mas Coris)

 

Véro du  Mas Coris est le deuxième lapin d'Alice... sauf que cette lapine est vraiment à la bourre !! Elle nous parle avec délicatesse d'une syrah qui lui est chère : la sienne !! "Son jus est beau, bon, d’un beau rouge intense"...

 

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(source Steven Defour)

 

Steven Defour a longuement hésité, avant de nous confier son penchant pour une syrah languedocienne élevée par un belge... Tout un  poème de syrah !!

 

 Anne Graindorge, championne régionale du bavardage sur FB, fait partie du trio des "drôles des dames en retard" (la troisième arrive bientôt). Bavarde, mais point syrahphile !! Elle nous promet des sensations, des vibrations, des mots et de la patience... Car à ce jour, pas une syrah ne dort dans sa cave !! Réparez-moi vite cette infamie Anne, le "dicte acteur" a dit !!

 

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(source Vin de Presse)

 

Sonia et son "Vin de presse"  nous propose une "fille de l'Arkose". Une syrah volcanique, made in Auvergne !! Merci pour ce petit traité géo-historique local...


 

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(source Passionné de la Rive droite)

 

Le duo des Sériot (deux passionnés de la Rive droite et des agapes) rend hommage au Suisse Simon Maye et à ses vieilles vignes de syrah. Une symphonie des papilles que le lapin à la provençale n'a pas rejeté...

 

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(source Lisson)

 

Pour finir cet inventaire, au tour de notre "dernière drôle de dame pas ponctuelle", avec  des circonstances presque atténuantes.  La 1ere étant qu'elle se trouvait en Allemagne au moment des faits. La seconde est dûe à son "statut inaliénable de Zidente à vie des VdV" !! Iris a déniché une originale (et onéreuse) syrah allemande. Verdict difficile pour le palais de notre implacable vigneronne. Puis une Shiraz 08 de Langhorne Creek en Australie pas plus convaincante...

 

Ainsi s'achève ce très riche VdV#46, consacré à ce cépage ambigü, dérangeant et passionnant... Un grand merci à tous les contributeurs et aux 61 syrahs du générique (si Bertrand Renard ne me contredit pas !!).

Le Zident rend sa légion de vin d'honneur, ses insignes et son immunité pour passer le relais à ce grand "Fou buvant" (il y avait bien le "Fou chantant") qu'est Patrick Böttcher.

Le président du mois de juin vous propose un VdV#47 "Accords Mets-Vins Vins-Mets dans un Resto Sympa". tous les détails sont lisibles ICI.


Au revoir...

Votre ex-Zident

Aurélien Litron

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Vendredis du Vin #46 : Syrah, la globe-trotteuse enjôleuse...

25 Mai 2012, 08:03am

Publié par Docadn

Mes chers concitoyens,


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C'est avec beaucoup d'émotion et de détermination que j'ai accepté la présidence de cette institution majeure de la bloglousphère. Une présidence vinique au milieu d'une nouvelle présidence étatique, voilà une heureuse et trop rare coïncidence !!

Quand Francois et d'autres attendaient une légitime scénographie pour cette édition, votre serviteur répond sans détours qu'il n'a pas eu le temps (c'est que j'ai des ponts et des acqueducs à faire moi aussi !!).

 

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(design by  Rémy Bousquet)

 

Les Vendredis du Vin fêtent leur 46 ème édition. Le programme de votre candidat Aurélien Litron est plus simple que celui de l'actuel président français (je le précise, car dans la république des VdV, pas besoin de passeport biométrique). Un fil rouge pour ce 46 ème opus se résumant en une seule résolution : un cépage majoritaire accompagné d'autres cépages minoritaires (et facultatifs) pour des expressions diverses de la syrah.

 

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(design by  Rémy Bousquet again)

 

Votre président a nommé un gouvernement vin issu de sa majorité région de coeur, de sa famille politique son département natal, bref du plus beau pays du monde après le visage de sa mère.

 

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Le 1er ministre du gouvernement syrah

 

Un bouchon aux accents d'ébène, luisant, exsudant de jolies gouttelettes huileuses. Quand certains voudront y voir un signe d'ouverture à la diversité, votre président n'y verra que le travail méticuleux et savant du temps et de la matière sur le liège perméable.

 

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Crozes-Hermitage "Georges Reynaud" 06 - David Reynaud - Domaine les Bruyères

 

Issue de "terrasses argilo-calcaires au sol drainant à galets détritiques" (comme presque tous les présidents en fonction, Aurélien Litron pompe ses textes, n'étant même pas capable de dire qu'on nomme ces galets "châssis" dans le coin, ou poudingues ailleurs, mais ça aussi il a pompé), cette cuvée 100% syrah porte le nom du grand-père de David, disparu en 2003, première année de vinification au domaine.

 

Un premier nez, crémeux, finement boisé (les barriques sont de 6 à 7 vins, c'est dire l'impact !!!) et de violette. Une aération légère délivre un fin végétal, une olive intense, auréolée d'épices orientales.

Une mise en bouche acidulée, fraîche, évoquant l'orange sanguine. Un ensemble vif, à l'acidité toujours relevée, aux antipodes de la syrah consensuelle, souvent trop "flatteuse" qu'exècrent les palais aussi capricieux que des enfants gâtés que l'on privent de Naruto... ***


David Reynaud mène ses 28 ha (dont 20 en propriété) en "bio-bio" (biologique et biodynamique) depuis 2000. Un physique de fiotte à qui je parle très très prudemment tous les ans au salon Renaissance.

J'y avais notamment tasté, lors de la dernière édition, "Entre Ciel & Terre 09"(une parcellaire des Croix, élevée en muids et Nomblot), classant cette cuvée comme une des plus belles élégances de jus croisées lors de ce week-end.


Domaine Les Bruyères - David Reynaud

12 chemin du Stade (je comprends mieux le physique !!)

26600 Beaumont-Monteux

Tél : 04 75 84 74 14 04

www.domainelesbruyeres.fr

domainelesbruyeres@orange.fr


Dans quelques jours, votre président vous livrera une synthèse de toutes les syrahs évoquées lors de ce Vendredi du Vin. En attendant, vous pouvez suivre le fil  ICI.

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Soirée Paella...

20 Mai 2012, 17:20pm

Publié par Docadn

Retour sur une belle soirée d'avril dernier. Ludo nous invite une nouvelle fois à goûter sa "cuisine de feu" avec :

 

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Quelques noix assoupies


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Du vert luisant

 

En attendant que tout ce petit monde s'accorde au rythme du Weber, il a fallu se réhydrater intensément. Toutes les boissons énergétiques suivantes ont été bues à l'aveugle. Quelques notes (plus ou moins lisibles) griffonnées à la volée...

 

 

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Larmandier-Bernier - VV de Cramant 05

 

Un nez fumé, très fruité. Une matière complexe, à la belle mâche, à la bulle un peu brouillonne. L'ensemble est encore sauvage et turbulent... Rassurant d'un côté, car bien éloigné de la rondeur perçue à  Renaissance... ***

 

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"Ni Dieu Ni Maître" - Saint-Nicolas-de-Bourgueil 07 - Sébastien David

 

Un premier nez très animal, poivré. Un aérien qui finit par s'imposer. Une matière très fruitée, mûre, souple, à la carbo "flagrante". Un jus qui "s'évapore tout seul"... ***

 

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Château Meylet - Saint-Émilion Grand Cru 01

 

Superbe nez de rose fanée. Un grand modèle d'équilibre que ce GC salivant au possible (crayeux), à la longueur extatique... Quand c'est grand à Bordeaux, c'est grand !! ***(*)/****

 

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Château Marquis de Terme - Margaux 78

 

Nez évident de champignons puis de sous-bois. Une matière à l'acidité presque mordante, un poil diluée, aux accents métalliques marqués. **

 

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Mâcon - Verzé 08 - Domaines Leflaive

 

Le carnet est resté muet sur ce dernier. Le (lointain) souvenir d'un vin que j'ai décrit comme "tendu comme le slip d'une fillette de 12 ans sur la taille d'un sumo". Une schizophrénie de tension et d'opulence, de gras et d'ascétisme. Déroutant, agréable et très fruité au global. ***

 

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Château Simone - Palette 95

 

Nez très complexe, au fin boisé, qui m'envoie dans le vignoble bourguignon. Jus complexe, densité impressionnante, fraîcheur remarquable. Peu y ont vu La Provence, tellement la fraîcheur était remarquable. ***(*)/****

Au sommet avec la petite tuerie maritime concoctée par Ludo...

 

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Partouze de riz et coquillages...

 

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Châteauneuf-du-Pape - Cuvée Spéciale 98 - Henri Bonneau

 

La grande et belle énigme de la soirée. Nous sommes nombreux à y déceler un grenache. Nous nous risquons même à le placer dans le Roussillon. Mais la bouche nous fait douter. C'est "comme un Maury, mais sans le sucre". La matière est incroyablement longiligne, très grenache, déroutante, fascinante, complexe !! Un Châteauneuf unique, intrigant, à part. Une vraie cuvée, très spéciale... ***(*)

 

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Château Léoville Las Cazes - Saint Julien 70

 

De belles notes de torréfaction s'échappent du verre, prenant même des accents chocolatés. Une matière immédiatement classieuse, fraîche, droite, se déclinant sur une belle et intense fraise écrasée. Equilibré et racé, à l'élevage d'orfèvre. ***(*)

De grands et rares vins à maturité. De l'élégance, de la gourmandise, un savoir-faire qui se conjugent parfaitement avec les agapes et la bonne compagnie... 

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VdV#46, choisissez vite votre candidat !!

12 Mai 2012, 20:55pm

Publié par Docadn

J-13, au moment où votre nouveau président écrit ces mots !! "Le tire-bouchon, c'est maintenant !!".

Rendez-vous le 25 mai pour nous faire partager votre syrah !! Pour les inscriptions, c'est par  ici...


 

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Urtau, Tapas & Pinchos

5 Mai 2012, 08:20am

Publié par Docadn

Partis chercher des morilles chez nos voisins ibériques, nous sommes à Arties, non loin de Vielha, dans le Val d'Aran. Revenus presque bredouilles (16 morilles à 11 chasseurs !!), nous suivons "le guide local" pour découvrir sa cantine.

 

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Le bar Urtau est une bodega sise sur la place du même nom. Nous arrivons à "l'heure espagnole" (13h30) pour déjeuner.

 

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Une dizaine de grignotages disponibles sur le comptoir du bar, abritant aussi un restaurant au fond de la salle. Service, pour les apéros et desserts, speed et très souriant.

 

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Le réassort est aléatoire, alors que les assauts sont continus pour le déjeuner. N'étant pas un spécialiste mondial des tapas, j'y ai trouvé de la fraîcheur, du soin et du goût.

 

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Mention spéciale pour le "spaghetti-crevette", petite tuerie maritime dont j'aurais vidé la cuisine, puis l'océan !! Le vieil adage rural et français édictant que "c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses", est transposable au fonctionnement des "bars à tapas". L'addition est calculée en comptant toutes les piques dénudées dans les assiettes. 3 tailles de piques (1,45 € pour la plus courte, 1,70 € la moyenne, 2,40 € pour la plus grande dite "brocheta").

 

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Tiramisu de la casa

 

Sur une base de massepain, un peu sec, une mousse aérienne, au juste sucré, au café délicat, épatante.

 

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D'autres convives tentent le "yogurt de Irissa". J'en "taxe" 2 cuillerées.Un yaourt dense, riche, complet, au goût puissant. Très grand produit laitier que cette production de la  Hormatgeria dera Irissa !!

 

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Un verre de "tinto Crianza Superior" très moyen, une eau gazeuse à la jolie bulle, au patronyme qui peut prêter à sourire.

En conclusion, si vous partez skier sur la prestigieuse (et royale) station de  Baqueira-Beret, faite un stop dans cette bodega, où pour moins de 20 € vous goûterez des bouchées encore épargnées par une industrie agro-alimentaire souvent dominante dans les assiettes...

 

Bar Urtau Tapas & Pinchos

Plaça Urtau, 12

Arties

Tél : 973 64 09 26

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VdV#46 : syrah, la globe-trotteuse enjôleuse...

30 Avril 2012, 12:29pm

Publié par Docadn

Vendredistes, vendredistes,

 

vdv-logo

 

Après la session "pin'art" proposée par Véronique de Mas Coris, c'est avec une émotion non feinte que je prends la présidence de cette 46 ème session des Vendredis du Vin.

Le suffrage universel ne s'étant pas exprimé pour cette candidature,  c'est une forme d'universalité qui va tout de même animer la thématique de cette édition.

Votre candidat Aurélien Litron a clamé dès ses débuts, son amour pour le gamay. Mais le Litron n'est point monomaniaque. Il est né au milieu du grenache et gardera, pour toujours, un attachement indéfectible pour ce dernier.

Entre la poire et le fromage, entre le gamay et le grenache, Votre Président voue aussi un franc penchant pour le "cépage du milieu" : la syrah.

La syrah n'a pas le monopole du Rhône !! Voilà un cépage qui a su s'adapter aux rigueurs et particularités des terroirs internationaux. Shiraz, petite syrah, Suisse, Californie, Afrique du Sud, Australie, la syrah est un peu la globe-trotteuse des cépages.

Nordiste, sudiste, du Pacifique à L'Atlantique, parlez-nous de votre syrah favorite. Elle peut être accompagnée de divers compagnons, mais doit détenir la majorité absolue (>50%).

Alors à vos caves, vos cavistes et autres dealers, pour nous rendre la plus belle prose sur vos bonnes syrahs le vendredi 25 mai 2012...

Pour y participer, rien de plus simple, veuillez vous inscrire sur la page dédiée aux Vendredis du Vin sur FB, mettez vos articles en lien sur ladite page et régalez-nous de vos pépites...

Envahissez la toile des syrahs enjôleuses du monde entier...

 

Syrahtement votre

 

Aurélien

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Beef Club

24 Avril 2012, 06:16am

Publié par Docadn

Les dernières tendances gastronomiques parisiennes mettent en exergue une franche obédience pour les "burgers" et les "bistrots-restos à viandes". Dans mon "imaginaire", c'est Le Severo qui a largement contribué au développement du concept de "bistrot viandard transcendant avec précision et soin des pièces fournies par des couturiers de la carcasse et de la barbaque".

D'autres ont creusé depuis le sillon, "name-droppant" inlassablement le duo carnivore le plus disputé du Bassin parisien (j'ai nommé Desnoyer-Le Bourdonnec), ou en "popularisant" des viandes du bout du monde, censées être aussi réputées que nos grands crus pour le reste du monde...

 

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Il y a quelques mois, Chrisos organisait un sympathique dîner chez Bang!. Des produits et une cuisine appréciables, un service hélas susceptible. Nouvelle soirée entre "scribouilleurs du net" dans l'adresse du moment, avec au générique : Mr Lung & Virginie, Mix, Fabrice, Isabelle (alias la Chewbacca des épileuses), Louise, Oanèse & Chrisos, Quentin & Aude, ainsi que Maître YodAlain...

Ouvert il y a un peu plus d'un mois, Beef Club est le fruit d'une "joint-aventure" entre le trio malin de L'Experimental Cocktail Club et du Curio Parlor (Pierre-Charles Cros, Olivier Bon et Romée de Goriainoff ), assortie de la "participation" du gourou du hachoir, Yves-Marie Le Bourdonnec himself (ils disent YMLB là-bas, c'est comme YSL pour la mode, ou DSK pour la mondaine).

 

Niché dans la rue (rieuse) J.J Rousseau, l'établissement a pour prestigieux voisin, l'incontournable, l'indispensable Ô Château, sans qui le monde serait peuplé d'ignares adeptes de Vin Fou et de pâté Hénaff. Une digression, qui me permet juste de commenter l'ardoise extérieure de ce dernier. Censée capter le regard morne du passant, forcément perdu dans cette rue, c'est un petit chef-d'oeuvre de ridicule. On peut notamment lire que ce bar est "très très très sympa", doublé d'un "fun" improbable, apte à attirer tous les surfeurs et les David Vendetta du 1er arrondissement.

Nous serons finalement 12 autour de petites tables calées au fond de la salle, géométriquement complexe, se prêtant à une partie géante de "Tetris humain" (copyright Quentin) dès qu'une vessie crie : "au secours, je suis pleine !!". Déco assez discrète, relativement passe-partout, plafond en céramique de salle de bains de clinique mutualiste.

 

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Étude d'une carte recto-verso proposant des entrées (pour moitié maritimes) entre 10 et 24 €. Des plats proposant des viandes name-droppées Tim Wilson (Yorshire), "mâturées et découpées sur place par Yves-Marie" entre 23 € (rumsteack) & 90 € (côte de bœuf de 1 kg pour 2).

 

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Le burger de rigueur (23€) trône à part sur la carte. Un poisson du jour (24 €) et un homard breton entier (45 €) sont disponibles pour les allergiques à la viande.

 

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Ceviche de bar, coriandre fraîche & œufs de truite (15 €)

 

Une entrée fraîche, généreuse en coriandre, relevée, des morceaux de bar fermes. Ensemble "oriental" (merci la coriandre), relativement agréable, aux œufs de truite plus agiles que des anguilles pour échapper à leur morbide destinée...

 

Arrivés relativement tôt (20h30), 3 des 8 propositions carnées ne sont déjà plus disponibles. A défaut de picanha, j'opte pour :

 

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Filet de rumsteack, frites maison, sauce aux poivres (26 €)

 

Un joli morcif, fort saisi à l'extérieur, au goût prononcé de charbon, à l'impeccable saignant à l'intérieur. Le contraste est agréable, la touche de charbon me renvoie une fois de plus de l'autre côté de la Méditerranée, où les barbecues à gaz feront sûrement une percée vers l'été 2067, ou celui de 2094.

Au delà de la cuisson irréprochable, c'est la texture fibreuse, relativement dense de la viande qui me surprend. Un filet qui se tient, qui répond à la mastication, en développant une mâche racée, classieuse...

 

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Les grosses frites (charlottes cuites à la graisse de canard) sont pas mal, un peu molles pour certaines. La sauce aux poivres (sur une base de jus de viande ?!) est relevée, pas très fine, un poil huileuse. Chrisos & Oanèse nous proposent des tranches de leur côte de bœuf. Là encore, une cuisson et une tendreté au diapason...

Nous sommes seulement deux à tenter "une sucrerie de fin de repas". Même choix pour Chrisos et mézigue :

 

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La profiterole au singulier - glace vanille de Tahiti et chocolat noir, sauce au whisky & praliné croustillant - 10 €

 

Énorme profiterole, au praliné croustillant très bon, gâché par un sucre en surdosage criant. Je cale après deux bouchées, offrant le reste de la profiterole à la tablée, obligée de contourner le corps affalé (et alourdi de 2 litres de raisins fermentés) de notre grizzly-Spiri, au ronflement plus "impactant" que les décibels produits par l'ensemble des convives.

Service discret, souriant, long, en ce mercredi soir, où une chaise disponible, est aussi rare qu'une voiture de TGV sans portable, hurlant une musique pourrie de chanteur à la coiffure mieux étudiée que ses glapissements de chèvre asthmatique.

 

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Un petit Deux mots sur la carte des vins. Je ne sais pas s'il existe une "gabelle du pinard" à l'entrée de la rue JJ Rousseau, mais j'ai toutes les raisons d'y croire, vu certains tarifs pratiqués.

La courte carte des vins proposée, relativement pertinente dans sa sélection, est par moment tout simplement scandaleuse !! A se demander s'ils n'achètent pas leurs références chez le "pro" d'à côté, pour pratiquer les quelques coefficients délirants en vigueur. Des tarifs variant entre 29 € (Gigondas 10 Domaine des Espiers, coeff correct) et 650 € (Haut-Brion 95, pas super "choquant" pour autant sur ce dernier).

 

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Le "Grand Prix de l'honnêteté" revenant au Vin de Pays 08 du Domaine des Tours, disponible pour 45 € sur table, soit un sympathique coeff 5.6, quand la "Palme d'Or de la bonne affaire" est attribuée à Terre d'Argile du Domaine de La Janasse avec un humble coefficient de 7.7 sur l'échelle de la culbute (115 € sur table, contre 15 € au domaine et chez certains marchands). C'est peut-être la norme dans le milieu des cocktails, pas vraiment dans celle des vins au resto (sauf dans les palaces et quelques tri-étoilés)...

Les politiques de répression sur la consommation d'alcool (et donc du vin), font souvent tirer des larmes aux restaurateurs, geignant de voir les consommateurs bouder leurs vins...

Se "goinfrer sur le dos des vignerons*" ne relancera pas la consommation des vins au restaurant. Un peu de réalisme, assorti d'une cohérence tarifaire (qui existe à peu près sur le reste de la carte), seraient bienvenus !! Même avec un coeff 3, on ne perd pas d'argent !! On prend juste le risque de vendre plus de bouteilles.

En conclusion, une cuisine qui tient bien ses promesses, un budget moyen "soutenu", "théoriquement" moins élevé qu'au Severo (un seul plat en dessous de 30 €, versus 4 au Beef Club). Je mettrais Bang! juste en dessous en terme de plaisir, financièrement plus accessible aussi.

Un effort tarifaire sur la partie liquide semble nécessaire, pour que l'on puisse apprécier pleinement cette bonne cuisine sans avoir la désagréable impression de se faire tondre en buvant...

 

Beef Club

58 rue Jean-Jacques Rousseau

75001 Paris

09 54 37 13 65

M° : Les Halles ou Etienne Marcel

 

* En même temps, le Vin de Pays était en rupture en milieu de soirée, je ne m'inquiète pas spécialement pour les finances du proprio de Château Rayas. 

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Escapade IØ (part III)

21 Avril 2012, 08:41am

Publié par Docadn

Le Grain de Sable a réveillé, de manière forcément exagérée, ma méfiance naturelle à l'encontre des restaurants de lieux hautement touristiques. Ces concentrations naturelles de "touristus-pecnus-souvent-ignorus" tendent à accroître les pièges à leur notre encontre.

 

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Nous sommes à Le Château d'Oléron. Le port (pas si désagréable) abrite l'inévitable galerie de boutiques et restos pour gogos. Ma faim est plus forte que mon aspiration à bien manger. Nous hésitons entre deux "gargottes" aussi excitantes par leurs propositions que la promesse d'un strip-tease par Philippe de Villiers. Je tranche sur la façade la moins "ouverte" (et le menu le plus attrayant financièrement parlant, quitte à se faire baiser plumer, autant en donner le moins possible !!).

 

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Accueil dynamique, très souriant dans cet établissement à la déco "bleue-délavée-tendance-maritime-fatigante".

Il y a de la place en ce samedi 13h00. Comme tous les bons restos qui se respectent dans cette configuration, nous avons droit à un légitime "installez-vous où vous voulez !!". Nous choisissons la terrasse couverte (déjà chaude en cette période, sûrement intenable l'été).

 

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A la consultation des ardoises et de la carte, ma vigilance se relâche un poil. Les prix sont cohérents, certaines suggestions presque tentantes. Un fond de parano me pousse quand même à rester sur le menu-déjeuner à 12 € (c'est la crise mon pov' monsieur, hein Jull !!).

Une tapenade (verte et honnête) nous est offerte avec nos apéros. J'enchaîne avec un bouquet de crevettes roses, bien cuites, pas détrempées, au bouillon marqué.

 

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La Miss a opté pour 6 huîtres n°4 au juste affinage, sans cette salinité poussive, souvent rédhibitoire sur les "cailloux" de Marennes-Oléron (oui, allez-y, insultez-moi), pour mes papilles de terrien.

 

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Filet de Maquereau, petite ratatouille, purée de pommes de terre-carottes

 

Un effort de présentation que je ne pensais pas croiser sur mon "menu discount". Un filet aux limites (personnelles) acceptables de cuisson. Une agréable ratatouille (au jus de "couscous" marrant), une purée honnête. La bonne surprise d'un plat généreux, aux accompagnements soignés.

 

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La Miss s'est goinfrée d'un classique moules marinières & frites, noté "pas mal" sur son échelle aussi douce que celle de Mohs.

Alors que j'attendais la crème brûlée de METRO (je ne fais pas de fixette, mais je vous assure qu'en tant que "spécialiste mondial de la crème brûlée dans les restaurants en France", METRO doit fournir pas loin de 84,47% des restos), voilà que débarque un "modèle" inconnu dans ma base de données. Colori de terre cuite inédit pour le pot, crème plus foncée que d'habitude, même texture, goût de caramel (ou praliné) prononcé. C'est subjectivement meilleur. La question reste entière : crème maison ou nouvelle recette de crème d'usine ?

Au global, un "bon plan pour pauvres" (ou radins), que le service enlevé, souriant, pro, d'un personnel en mode "on est content de bosser", rend encore plus sympathique.

 

La Courtine

5 Avenue Port  

17480 Le Château d'Oléron 

05 46 36 00 74

 

Le soir venu, les hésitations sont encore nombreuses pour savoir qui subira notre jugement nous dépouillera de nos derniers euros, en cette dernière soirée insulaire.

Trois établissements sont en lice pour le dernier tour. Le Drugstore, avec son menu à une vingtaine d'euros, mais des propositions peu inspirées. Les Alizés, forts d'une bonne presse, mais dont le changement récent de propriétaire et le menu, là-aussi relativement banal, mènent à la disqualification.

C'est Le Petit Coire (injustement écarté avant le départ, par mes soins) qui recueille nos votes. Niché au milieu d'une zone commerciale, forcément hideuse, Le Petit Coire est une ancienne maison de meunier, faisant face de nos jours à une version bleue et en plastique de Oum le dauphin.

 

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Un intérieur campagnard (et sa collection de scies anciennes), apte à figer les boutons de manchettes de F. Simon et provoquer un avc à la moustache de Mr Lung (qui sont un peu nos Dr Jekyll & Mister Hyde du dandysme gastronomique).

 

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Je ne vous épargne pas non plus les verres vintages exposés. Service en noir et blanc, avec un clone rigolo de l'arrière petit-fils du Pr Tournesol.

 

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La touche de modernité est symbolisée par une ardoise sur roulettes, déclamant les 5 à 6 propositions disponibles du menu unique à 25 €. La patronne partage son temps entre les prises de commandes et la rédaction des additions sur un bureau d'écolier (Ze farmer touch').

 

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Le saumon fumé maison au sel d'Oléron, à l'allure grasse (filets richement dotés de fibres blanches), s'avère fin, bien fumé, à la texture délicate. Sympathique crème à la ciboulette.

 

Celui de La Miss (roulé de saumon aux asperges) est très différent, moins "maison", plus pataud. Les asperges sont croquantes, limite cuites.

 

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Emincé d'agneau gratiné, pommes de terre boulangère

 

La frustration de l'agneau de la veille est encore vive. La cocotte (servie à la température proche de celle du Piton de la Fournaise très énervé) couve un gratin à point. On oublie la réaction de Maillard, en se délectant d'un agneau gras, tendre, goûteux, à la cuisson maîtrisée. Des pommes de terres fondantes, parfaites, ne tombant pas dans le piège de la purée. Un gratiné impeccable, une sauce un poil trop salée. L'apothéose du plat arrive avec "le fond de la cocotte qui colle" au goût absolument magistral !! Un très grand plat de mémé !!

 

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Le dessert (gâteau roulé aux fruits rouges) gentillet, clôture ce dîner globalement réussi. Service à l'ancienne, un peu maladroit avec la fille, assuré avec Tournesol Jr.

 

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Carte des vins banale. L'occasion de goûter le sauvignon insulaire de la maison Coulon (croisé par 2 fois sur la carte des vins des restos fréquentés). Un duo de buis et d'urine de félin caressent mes naseaux, une matière peu complexe, à l'acidité appréciable, ne laissera pas un souvenir inoubliable à nos palais fatigués.

 

Le Petit Coire 

10 avenue de Bel Air

17310 Saint-Pierre d'Oléron

05 46 47 44 23

www.lepetitcoivre.fr


En conclusion, Oléron n'a pas provoqué une addiction incurable m'obligeant à y séjourner tous les week-ends. Les rares espaces naturels subsistants, la pêche artisanale (dont le "show-room" du marché couvert de St-Pierre, agréable et salivant, est un petit "must see"), ainsi que quelques portions de la route des huîtres sont les seuls points dignes d'intérêts...

A noter que la cuisine de la star locale (militant convaincu des moules sans frites) du Port des Salines semble très intéressante, mais restera un mystère pour mes sens...

Pour finir, levons enfin la pseudo énigme du "IØ" de notre saga oléronnaise. Une simple variante des initiales du quartier maritime de l'Île d'Oléron (IO), parfois présente sur les coques de bateaux, surexploitées par des fringues et autres produits dérivés censés identifier l'île...

 

FIN

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Escapade IØ (part II)

20 Avril 2012, 05:57am

Publié par Docadn

Nuit tranquille dans notre motel de campagne. Ciel menaçant le matin venu, tant pis, la rando nous appelle.

Cette dernière démarre du bourg de St-Denis d'Oléron. Après quelques centaines de mètres de déambulation dans les rues excentrées du village, nous gagnons la rase campagne (le dénivelé maximum de l'île peut rendre dépressif n'importe quel altimètre).

 

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C'est à ce moment-là qu'une première averse nous contraint à nous réfugier sous un vieux cyprès aussi étanche que le porte-monnaie de Liliane Bettencourt. Une accalmie nous permet de gagner le site de Chassiron, avant de regarder la pluie tomber à nouveau, à côté d'une machine éditant des pièces souvenirs à l'effigie du Fort de Fouras.

 

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 La suite de la balade se fera au sec. Nous longerons la "falaise d'Oléron" (3-4 mètres de haut) et la côte parsemée de pièges à poissons (Il en reste 17 sur les 2 ou 300 que comptait l'île).

 

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Une partie agréable , baignée d'une très jolie lumière, rendant un peu de "justice" à cette île au charme fort bien dissimulé...

 

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Le parcours regagne les terres au caractère viticole ancré, séculaire, presque majoritaire dans le paysage insulaire (hors marais salants bien entendu). Quand d'autres régions arrachent à coup de subventions leurs vignes, Oléron plante (ou en replante) encore...


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9 kms, 02 heures de marche (pluie comprise), 6,38 mètres de dénivelé, un tracé plutôt agréable longeant notamment le jardin (classé "jardin remarquable", le seul gratuit visité à ce jour) au pied du phare déclassé, donc accessible au public, de Chassiron...

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